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Septembre 2oo9
J'avoue que je suis sous le charme de cette voix de velours qui susurre ostensiblement des mélodies qui nous semblent standard, déjà entendues, éternelles... Et pourtant, à y écouter de plus près... En intro de son concert retransmis en direct du studio 1o7 jeudi 1o septembre sur FIP, une conversation avec cette jeune personne qui parle un français de façade parfait et exquis avec une voix de souris. Ce qui rompt avec le glam de ses séquences. De son séjour à Paris, elle dit qu'elle s'est fait aborder dans la rue par quelqu'un lui disant : Rusky ? Rusky ? et qu'elle répondit, Polsky... Et c'était comme une évidence, un effet de retour arrière dans le passé, ici en Europe à Paris, pour cette New-Yorkaise que l'on imagine de Brooklyn et qui se souvient d'avoir entendu tant et tant de fois Over the Rainbow de Judy Garland dans le Magicien d'Oz par une grand-mère qui voulait perpétuer le rêve... Elle a commencé son concert par le morceau qui suit, (I need a hand), une introduction, un peu froide mais dont les mots ne le sont pas... On reste sur son quant à soi... Le rêve nimbé d'une main tendue et l'aveu de plus encore... Après j'ai tout oublié, c'est enivrant, on se souvient de tout, on ne se souvient de rien... L'envoûtement, le noir de la scène, de ses lunettes, des séquences instrumentales assez longues, des chansons-confidences...
La perfection absolue...
Au départ, j'avais envie d'associer les noms de Melody Gardot et de Joni Mitchell. Elles font partie de la même famille de chanteuses, de celles qui font preuve d'une grande indépendance d'esprit et de recherche, s'ancrant dans le blues et le jazz, bien sûr, de celles qui peuvent nous chuchoter sans fin leur voix en confidence. Cette intuition s'est trouvée confirmée dans un morceau assez free de Melody Gardot qu'elle interprète en compagnie d'Herbie Hancock et Wayne Shorter) voir cette vidéo de 7mn.
Pour ce qui est de Joni Mitchell, les archives video sont rares, dommage ! Je me souviens de l'avoir écouter sans fin sur des vynil ou des cassettes (c'était avant l'ère du CD). C'était de beaux et longs morceaux blues et jazzy. Cette chanteuse était à la recherche d'une intimité vocale à délivrer à ceux qui l'écoutaient alors, c'était presque des monologues vocaux. Il y avait à la même époque Laurie Anderson, qui expérimentait aussi qui avait une manière d'exercer sa voix sans fards, dans sa simplicité mélodique absolue, dans sa chair mais sa musique était plus intellectuelle, plus froide.... Je vois une proximité avec Melody... Elle fouille l'intime discrètement, il y a de belles constructions, des sophistications harmoniques free et subtiles, de celles qui sont cachées puis se dévoilent, sous-entendues, enveloppantes au tempo particulièrement frais, explorant à loisirs le "a capella" de ses séquences vocales...
Blog Cosmopolite - jenny.poulin@hotmail.fr - blogcosmopolite@gmail.com

































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