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Lecture
"Chers Charles et Franck,
Mon voyage était fabuleux, j'ai eu droit à quelques coups de pied au cul, je me suis retrouvé en prison deux fois, j'ai connu quelques journées de faim, mais quelle expérience formidable, je serais encore sur les routes si je ne m'étais pas trouvé à court d'argent...
Je suis arrivé lundi après-midi exactement trois semaines après mon départ...A Saint-Louis, j'ai vu des noirs qui jouaient au poker et aux dés, et dansaient au bord du Mississipi, les mineurs et les prostituées de l'Indiana coloraient bigrement le tableau, des crève-la-faim trimant pour quelques sous, creusant leur propres tombes.
Dans le sud du Kansas, j'ai laissé tombé l'autoroute pour attraper un train de marchandises. J'ai traversé l'Oklahoma et l'enclave nord du Texas. J'ai rencontré des tas de vagabonds passionnants, des coupe-jarrets et de braves américains moyens cherchant du travail.
Les trains sont bondés, des gens qui vont vers l'ouest, des gens qui vont vers l'est, et tout autant qui vont vers les sud ou le nord, des millions de gens... J'ai voyagé ent train jusqu'à San Bernardino où j'ai pu trouver une voiture pour m'a amenée jusqu'à Los Angeles.
T a fait le voyage en 11 jours, lui a trouvé une voiture qui l'a amené direct de Pueblo à Los Angeles. J'imagine que ça c'est très bien passé. Ni l'un ni l'autre n'avons beaucoup dessiné. T a trouvé du travail de lendemain de son arrivée. J'ai une chance d'être pris aussi.
Papa, mère et Marthe habitent à Wright Wood, il y a une vue merveilleuse sur la ville et les collines à l'est. J'aurais vraiment aimé que vous veniez ici cet été les gars, c'est extra, l'air pur, le soleil. On mange tous des aliments crus, c'est le grand truc ici ! Max semble aller bien et travaille. Il vous écrira bientôt.
On vous embrasse tous. Jackson"
Extrait lu par Gwenaëlle Abolivier
de Lettres américaines, Pollock et ses fils - Grasset
dans son Intéressante émission Correspondances
où elle se fait épistolière d'un été sur une radio nationale.
Elle démarre bien la ballade pour sa première émission et nous emmène sur la route 66 près de Tucson, Arizona, Juste en ce moment, j'ai envie d'Amérique. La bande son est top, Elle, c'est la lectrice, elle a du talent,elle agence lettres et mots en little moments de cinéma, en short stories sonores en quelque sorte, et il faut saluer l'équipe au générique.
Une parmi les 25 lettres que Calamity Jane a laissé à sa fille,
"Dead wood, Territoire du Dakota,
25 septembre 1877
Ma chérie,
Ceci n'est pas censé être un journal, il se peut même que cela ne te parvienne jamais.
Mais j'aime penser à toi, en train de le lire, page après page, un jour dans les années à venir, après que je serai partie. J'aimerai t'entendre rire en regardant ces photos de moi.
Je suis seule dans ma cabane ce soir et fatiguée. J'ai fait aujourd'hui soixante miles à cheval jusqu'à la poste et suis rentrée ce soir. C'est ton anniversaire et tu as quatre ans aujourd'hui. Vois-tu ton papa Jim m'a promis qu'il m'enverrait toujours une lettre chaque année, le jour de ton anniversaire.
Comme j'étais heureuse d'avoir des nouvelles de lui. Il m'a envoyé ta petite photo. Tu es mon portrait craché à ton âge. Et en regardant ta petite photo ce soir, je m'arrête pour t'embrasser et puis à me souvenir, les larmes me viennent et je demande à Dieu de me laisser un jour réparer mes torts d'une façon ou d'une autre envers ton père et envers toi.
Demain je vais descendre la Yelowstone Valley juste pour l'aventure et les sensations, je peux entendre les coyottes et les loups, et la plainte saccadés des chiens indiens près de leurs camps. Il y a des milliers de sioux dans cette vallée, je n'ai pas peur d'eux, ils pensent que je suis cinglée et ne me font jamais de mal. J'ai suivie une nouvelle piste aujourd'hui. Ce doit être la nouvelle route postale construite par les frayeurs de pistes et bousmen.
Sur cette page tu trouvera une photo de ta grand-mère Canary, ma mère. Elle et ton grand-père sont venus à travers les plaines dans un chariot bâché quand je n'étais qu'une petite enfant. Nous avons vécu des années dans le Missouri .
Ton papa Jim m'a envoyé un porte-plume et une bouteille d'encre afin que je puisse lui écrire quelque fois. C'est un homme qui a du respect pour ta mère même si les autres n'en ont pas. Ce porte-plume a été fabriqué en Irlande, je le porte attaché à ma selle, avec cet album et j'ai l'encre dans une poche afin de pouvoir t'écrire à côté de mon feu de camp.
Encore deux ans, j'irai te voir, chérie, je sais qu'alors je me sentirai mieux à ton sujet. Peut-être ensuite penseras-tu quelque fois à moi, non comme à ta mère, mais comme à une femme solitaire qui aimat et perdit autrefois une petite fille comme toi. Je te prendrai sur mes genoux et je te dirai tout sur cette petite fille, naturellement tu ne sauras pas que c'est toi.
T'abandonner m'a presque tué Janey. Tes parents t'on nommé Jane comme moi, c'est parce que tu t'appelles Janey. Je veux être capable de me conduire comme une femme blanche quand j'irai te voir, tout le monde pense que je ne sais ni lire ni même écrire mon nom. Oh je les laisse donc le penser, c'est mieux ainsi je trouve. Tes grands-papas et grands-mamans avaient de l'instruction, même si je n'en ai pas et ce n'est pas de leur faute si je me suis enfuie à la première occasion. tu comprendras tout ça un jour.
Bonne nuit Janey.
Lettres à sa fille, Calamity Jane chez Rivages
Extrait llu par Gwenaëlle Abolivier
dans son émission Correspondances
sur France Inter de 21h à 22h du lundi au vendredi.
Blog Cosmopolite - jenny.poulin@hotmail.fr - blogcosmopolite@gmail.com

































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